samedi 22 mars 2014

Un tout petit rien de Camille Anseaume

Chez Kero - Parution en 2014



Après chambre 2, Un tout petit rien m’entraine encore dans les méandres de la maternité. Serait-ce un signe ? :-)) 
Beaucoup moins dur que Chambre 2, Un tout petit rien est beaucoup plus actuel et réaliste. Dans ce premier roman, on suit Camille au tournant de sa vie. Jeune femme indépendante, elle entretient une relation amoureuse avec un homme qui ne souhaite pas vraiment s’engager. Mais pas de problème, tout va bien dans le meilleur des mondes si un tout petit rien du tout ne lui était pas arrivé ! Un petit rien qui va bouleverser sa vie !

Un échange amoureux intense, une capote qui pète au mauvais moment, une pilule du lendemain prise un peu tard dans l’insouciance de la jeunesse et voici Camille qui est obligée de faire pipi sur un bâtonnet ! Y a plus glam’ pour commencer un roman ! ;-))

Et la voici avec un tout petit rien qui s’accroche à elle. Mais pas question pour le « papa » de vouloir de ce bébé. Pas de problème, Camille est jeune, elle a toute la vie devant elle et aujourd’hui grâce au combat de milliers de femmes, Camille a le choix de garder ou non ce petit rien. Ne pas le garder s’impose comme une évidence….pourtant tout n’est pas si simple dans la tête de Camille au grand dam de sa mère.

Mais chut je ne vous en dirais pas plus ;-)) Lisez ce roman qui est frais, actuel, plein d’humour et d’humanité ! Bref, j’ai adoré !

C’est un roman plutôt narratif mais Camille s’adresse directement à son tout petit rien, ce qui rend le récit beaucoup plus fluide. On est dans l’intimité de l’auteure mais contrairement aux « premiers romans-thérapies » on arrive à se détacher de la vie de Camille pour finalement se dire que ça pourrait être nous. Elle a un franc parlé, beaucoup d’humour et d’auto-dérision ce qui rend certaines situations plus légères qu’elles ne le devraient. Et a contrario, il y a des passages magnifiques. Les phrases sont courtes mais percutantes.
Un premier roman qui sera peut-être sélectionné pour le prochain festival du 1er roman de Chambéry.
L’auteure est bien connu de la blogosphère puisqu’elle tien le blog Café de filles. Allez y faire un tour :-))

Début du roman :

« Les mères adorent raconter en détail le moment où elles ont découvert qu’elles allaient l’être.
En général ça se passe aux toilettes. La femme tente de viser le bâtonnet. L’homme attend à la porte, impatient et anxieux. De peur d’être déçue du résultat, elle lui tend l’objet sacré et humide, dont il s’empare à pleine main.
On en déduit déjà qu’il est très amoureux. […] Puis, d’une voix tremblante, il annonce le verdict.
Pour moi ça s’est passé presque pareil. Et quand il a mis fin au silence, c’était pour dire : « On le garde pas ».

vendredi 14 mars 2014

La tête de l'emploi de David Foenkinos

J'ai lu - Parution en 2014


Après quelques critiques ciné, je reviens à mon premier amour : la littérature. Je me suis plongée tête la première dans "La tête de l'emploi" de David Foenkinos. Et je n'ai point été déçue :-))



Bernard a une bonne tête, en tout cas c’est ce que tout le monde dit de lui. Sa bonne tête lui a permis de décrocher son poste de conseiller financier à la BNP : « Vous avez la tête de l’emploi ! ». Mais le jour où il se retrouve à faire l’accueil au guichet toujours parce qu’il a la tête de l’emploi, Bernard comprend, mais trop tard, qu’il y a anguille sous roche. Et c’est la dégringolade ! Humilié d’être à ce poste, il perd toute crédibilité auprès de ses clients…et ce qui devait arriver, arriva, Bernard se retrouve au chômage à 50 ans. 
Ce coup-là il ne l'a pas vu venir, comme il n'a pas vu venir non plus la fin de son couple !
A 50 ans, au chômage, sans femme, il se retrouve chez papa-maman : l’humiliation totale !! et donc déprime totale !

Entre désespoir, émotion et humour, on suit les affres de cet homme ordinaire balloté par la vie. Cet homme pourrait être notre mari, notre père, notre voisin ou nous même.
Une belle histoire moderne qui donne à réfléchir sur notre société, sur notre vie. Certaines situations vécues par Bernard sont criantes de vérité et on les a parfois vécues nous même, même si c'est à une autre échelle. En tout cas pour ma part je me suis totalement retrouvée dans certaines scènes. Comme quoi on a tous un Bernard en nous ;-))
Mai attention ! on n'est pas dans le pathos ! Bien que Bernard vit des moments difficiles et qu'il est en pleine déprime (malgré les chocolats chaud de sa môman), c'est un roman plein d'espoir. Les touches d'humour éparpillées ça et là allègent l'histoire.

C’est un roman narratif, dont le narrateur est notre cher Bernard lui-même. D’ordinaire ce n’est pas mon style de littérature qui a plutôt tendance à m'ennuyer. Mais dans ce récit on va à l’essentiel. Il est court mais puissant. Et l’actualité du sujet fait qu’on s’y intéresse forcément.  
Et j'ai adoré les notes de bas de pages de Bernard lui-même qui est la touche so-fresh du récit :-))

Un très bon Foenkinos que je vous conseille de lire. Et petit conseil à Bernard : restez Happy !

mercredi 12 mars 2014

Supercondriaque



Je suis allée voir le dernier film de Dany Boon, Supercondriaque.


C’est l’histoire de Romain Faubert, en tantinet François Pignon sur les bords, qui a une maladie incurable : il est hypocondriaque à temps complet !! Cela fait 18 ans qu’il pourrit les journées de son médecin, Dimitri. A force de le voir tous les jours, ce dernier a pitié de ce malade imaginaire et pense que le seul vrai remède à Romain est de trouver l’amour. Pour cela il l’invite à sa soirée du nouvel an pour lui donner un petit coup de pouce…mais tout ne se passe pas comme prévu et Romain n’est pas prêt à lâcher son nouvel "ami" au grand dam de celui-ci…

Cette comédie légère qui aborde le thème de l’hypocondrie est savoureuse. On passe un bon moment de détente. J’ai craint vers la fin du film quelques lourdeurs et invraisemblances, mais non le scénario tient la route; il est bien mené pour ce type de comédie :-))

Un pari réussi pour Dany Boon qui réunit une fois de plus autour de lui Kad Merad.

Donc pour les inconditionnels de ce duo, courez (sans vous faire mal) voir ce film…et restez Happy !

mercredi 19 février 2014

La Belle et la Bête le film

avec Vincent Cassel et Léa Seydoux.
Aujourd'hui je vais vous parler d'un film. Ça fait un petit moment que je n'avais pas donné d'avis cinématographique :-)) 

Je suis allée voir la Belle et la Bête. Et j'ai été agréablement surprise ! C'est un très bon film avec de bons acteurs. Léa Seydoux en Belle est magnifique. Ses robes vont faire rougir Marie-Antoinette depuis sa tombe. André Dussolier en père aimant est très touchant et le beau Vincent Cassel en grosse bebête est rhoooo, superbe ! 
L'histoire est bien menée. C'est en fait une maman qui conte l'histoire à ses deux enfants de cette jolie jeune fille qui va être prisonnière de cette Bête pour sauver sa famille . Et nous aussi nous profitons de l'histoire puisque nous découvrons le film à travers le récit du livre raconté. Il y a donc toujours un rapport entre le recueil du conte et le film se déroulant sous nos yeux. C'est très bien pensé d'avoir gardé ce rapport livre-film.
Les décors sont somptueux et les effets très bons ! 

Pour avoir cherché un peu sur le net des infos sur le film, j'ai lu que le réalisateur Christophe Gans s'était inspiré du conte publié en 1740 par Madame de Villeneuve et non de la version de Jean Cocteau. Bien joué car nous avons une histoire bien différente de celle connue par tous. On voit plus la vie de Belle que le Destin tragique de la Bête. Une belle réalisation française :-))

Sur certaines critiques on reproche au film son manque d'émotions. Pour ma part, j'ai eu les émotions qu'il faut pour ce type de film. On n'a pas forcément la larme à l’œil ni le cœur qui palpite à chaque fois mais on passe un agréable moment. Comme je le dis plus haut Vincent Cassel est vraiment superbe et on a envie de ronronner à côté de lui ;-))

Ce film aurait pu sortir au moment de Noël car ça aurait été un très beau conte pour les fêtes de fin d'année. Mais ne boudons pas notre plaisir, et allez redécouvrir cette histoire et en famille s'il vous plait  :-))


vendredi 7 février 2014

Une vie entre deux océans de M.L Stedman.



Edité chez Stock - Parution en 2013

Mon 1er coup de cœur de cette année 2014 !!

Nous sommes dans l’après première guerre mondiale, en Australie. Tom, ancien combattant, essaie de se reconstruire après les atrocités des combats qui en ont tué plus d’un. Luttant contre ses fantômes et sa culpabilité, il cherche l’isolement. Quoi de mieux que de se faire embaucher comme gardien de phare pour être seul au monde. Il se retrouve à Janus Rock rattaché à la petite ville de Partageuse, en Australie. Mais ce n’est pas l’isolement qu’il va trouver mais l’amour en la personne d’Isabel. Jeune, jolie et naïve, elle va suivre son homme jusqu’au bout du phare malgré la dureté de la vie sur l’ilot rocheux. Ce phare qui se dresse entre deux océans protège les bateaux d'un naufrage. Mais sera-t-il protéger Tom et Isabel ? Rien n'est moins sur... La vie du jeune couple s’égraine au rythme de la houle. Mais une ombre plane sur ce couple d’amoureux : Isabel n’arrive pas à avoir d’enfants.
Le Destin va alors se jouer d’eux : le jour de son 3ème accouchement d’un enfant mort-né, un homme et son bébé échouent sur Janus Rock. L’homme est mort mais le bébé, une adorable petite fille est bien vivante. L’impensable passe alors dans la tête et le cœur d’Isabel : garder cette enfant pour elle, en la faisant passer pour sa fille, en prenant le risque qu’une autre mère à des centaines de kilomètres du phare se meurt en pensant avoir perdu son mari et son bébé…Et pour Tom, c'est le début d'une trahison qui commence : trahir son respect infini pour la Loi ou trahir l'amour fou qu'il voue à sa femme...
Ce 1er roman australien est une vraie réussite ! Bravo à l'auteure et aussi chapeau à la traductrice, Anne Wicke. On a tous les ingrédients d’un bon roman : un lieu magique, le phare, qui crée une atmosphère particulière, une belle histoire d’amour et un drame où plusieurs vies vont être bouleversées. On s’attache à tous les personnages et on aimerait trouver une fin heureuse pour chacun d’entre eux.

Une vie entre deux océans est en fait une vie entre deux mer(es) pour une petite fille qui va se trouver déchirer entre deux existences ! Mais chuut, je ne vais pas vous en dire plus !!
Ne louper pas ce roman si vous avez la fibre romantique…messieurs, un petit cadeau pour la St Valentin pour votre amoureuse ??
J’espère que l’auteure saura dans l’avenir nous régaler avec d’autres récits…et j’espère surtout qu’ils seront traduits en français !

vendredi 24 janvier 2014

Chambre 2 de Julie Bonnie

Chez Belfond. Parution en 2013.



Ce roman nous raconte la vie de Béatrice, une auxiliaire de puéricultrice, travaillant dans une maternité. Avec elle nous ouvrons la porte de ces chambres qui renferment autant de malheurs que de bonheurs. Dans la chambre 2 se trouve une femme devenue l’image même de cette maternité : transparente, froide, inerte. A cause du nombre d’années d’hospitalisation, cette femme n’est plus considérée par le personnel soignant mais comment le lui reprocher puisqu’elle-même ne se considère plus comme vivante depuis le décès de son bébé. Elle fait désormais partie des meubles.

Et Béatrice est comme cette femme de la chambre 2, elle étouffe dans sa vie, si elle peut encore appeler cela une vie, elle qui aimait tant la liberté s’est retrouvée enfermée dans cette blouse rose, dans ce travail, dans cette maternité terne, froide où les collègues passent leur temps à débiner sur les patients et sur les autres collègues.

Ainsi, nous poussons la porte de la vie de Béatrice. Ancienne danseuse, elle a mis son corps et son cœur à nu pour le beau Gabor. Avec lui elle va connaître l’ivresse de la scène, l’amour, la liberté, le bonheur d’être mère mais aussi le désarroi de perdre un bébé.



Un très beau 1er roman sur la liberté, le corps, la maternité avec ses joies et ses malheurs.

A lire même si on n’a pas vécu la maternité. Au-delà des drames qui peuvent se jouer autour de la naissance d’un enfant, qui pourtant au départ est un grand bonheur, l’auteure a fait de son récit un roman sur la liberté : la liberté du corps mais aussi la liberté d’expression (qui peut passer aussi par le corps). C’est très bien écrit avec des passages magnifiques ! On n’est pas du tout dans le pathos. Certes certaines scènes sont dures et nous touchent mais les passages sur la vie de danseuse de Béatrice et sur sa vie de saltimbanque sont une bouffée d’oxygène énorme ! C'est ça la liberté ! J’ai adoré !



Un 1er roman très abouti qui a eu le prix Fnac 2013 pour juste cause.

A lire ! :-))

Un dimanche au bord de la piscine par Madeleine Wickham

alias Sophie Kinsella. Editions Belfond. 2013



Rien ne va plus entre les Kember. Barnaby et Louise sont en pleine séparation au grand dam de leurs deux petites filles qui ne comprennent pas trop la situation.

Par un beau dimanche ensoleillé, alors que Barnaby souhaite emmener ses filles à la pêche, la chaleur écrasante et une partie de baignade bien plus rigolote avec leur maman, dissuadent les deux fillettes d’accompagner leur père. Ce dernier, furieux à l’égard de sa femme, qu’il pense responsable de se revirement d’activités, accompagne bon gré mal gré ses filles à cette baignade improvisée.

Il va se retrouver en compagnie d’une grande partie de ce village anglais qui a conservé une tradition assez atypique : se réunir au profit d’une œuvre de charité dans cette piscine privative et emblématique du village par un beau dimanche ensoleillé.

Mais dans la chaleur de cette journée, entre les parties de bronzette et de papotages se joue un drame : la fille cadette des Kember, Katie, se blesse gravement…et ainsi commence des jours sombres pour les Kember mais aussi pour les Delaney, responsable de leur piscine et de la sécurité.



Ici, dans son roman, l’auteure met l’accent sur un fait de société de plus en plus courant dans les pays occidentaux : les procédures. Toujours trouver un responsable pour tel ou tel accident.

Dans le récit, il est bien évident que la fillette n’a subi qu’un regrettable accident aux conséquences dramatiques. Mais un avocat va tout mettre en œuvre pour faire porter la responsabilité aux propriétaires de la piscine, les Delaney. A un tel point, qu’il va arriver à convaincre les parents de la fillette pourtant très bon amis avec les Delaney de porter plainte contre eux. Et ces derniers vont finir par culpabiliser au point de les rendre malade…De nombreuses vies vont être déchirées.



Sophie Kinsella nous habitue à écrire des comédies plutôt légères teintées d’humour et d’amour. Sous son pseudo, on est plutôt dans le drame. Mais cela lui va très bien aussi. L’écriture est toujours parfaite et j’ai dévoré ce roman, pressée d’en connaître la fin. On s’attache vite aux personnages. On s’apitoie autant sur la détresse des Kember que sur celle des Delaney…et par-dessus tout, on déteste l’avocat qui, pour faire avancer sa carrière, détruit des vies entières !

Le bémol que je mettrais c’est plus sur l’éditeur français du roman. Belfond a publié le roman dans sa collection Mille Comédies. On s’attend donc à lire une comédie, logique me direz-vous. D’autant plus que la couverture alléchante annonce plutôt une lecture légère à lire pendant ses vacances. Mais que nenni ! C’est très faussé et du coup certain(e)s fans de Sophie Kinsella peuvent être déçu(e)s. Personnellement, je m’attendais à une histoire plus dans la comédie, donc j’ai été déroutée mais pas déçue au final. Donc laissez-vous porter par ce nouveau roman de Sophie Kinsella, euh, pardon de Madeleine Wickham.