mercredi 23 mai 2012

Le fils...

...de Michel Rostain / chez Oh éditions - 2011
« Si vous me demandez comment je vais, comment pourrais-je vous répondre ? Si je vous disais que je ne vais pas bien, ce serait lancer un appel au secours […] Je ne vais pas mal et ne vais pas bien. Une autre fois, j’essaierai de vous parler de ce deuil plus complètement. »Le 25 octobre 2003 arrive l’impensable. Le fils de Michel Rostain, Lion, décède à 21 ans d’une méningite foudroyante. On pourrait croire qu’avec un prénom pareil, il était destiné à être fort et à surmonter n’importe quel obstacle. Il a pourtant fallu un microbe pour anéantir toute une famille.
Impossible douleur. Comment faire face à cela ? Son ami, Daniel Michel dira à Michel Rostain le soir même de la mort de son fils : « on peut vivre avec ça ». Et ce récit existe pour nous le montrer.
Huit ans après ce drame et à travers la voix de son fils, l’auteur nous raconte la douleur, la détresse, la culpabilité d’un papa, et aussi, en filigrane, d’une maman. Et avec le recul pris pour l’écriture de ce livre, on découvre également les moments de bonheur avant le drame, et les moments de grâce et de paix bien longtemps après la mort de Lion. Un beau message d’amour lancé à un fils trop vite disparu et à tous les parents se trouvant dans la même situation.
Certains passages sont ponctués d’humour (l’organisation des obsèques) comme pour nous rappeler que la légèreté de la vie peut survivre à un tel deuil. « On peut donc vivre avec ça. » Un roman magnifique qui nous chamboule au même titre que les romans de Jean-Louis Fournier (Où on va papa ? et Veuf). On en ressort jamais tout à fait comme on y est rentré. Attention, je ne dis pas qu'il faut lire ce roman (ou ceux de Fournier) en se disant qu'on va se faire du mal. Je ne crois pas avoir ressenti de la douleur à la lecture, du chargin oui et c'est normal au vu du sujet. Et je ne pense pas que ce soit le but de l'auteur. Non, j'ai plutôt ressenti de la force de se sentir vivant et vouloir profiter de la vie, de ses amis, de ses proches car elle est bien trop courte (malheureusement).

En tout cas, ce roman mérite grandement son prix Goncourt du premier roman 2011.

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