vendredi 10 mars 2023

Le chat du bibliothécaire : succès mortel de Miranda James

Parution chez J’ai lu.

Charlie Harris est archiviste à la bibliothèque universitaire d’Athéna. Depuis le décès de sa femme, et le départ de ses enfants, il partage son quotidien avec son chat Diesel qu’il emmène partout. Une charmante compagnie à qui il manque plus que la parole.

Le jour où la star local, l’écrivain à succès Godfrey Priest est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel, Charlie se sent le devoir de trouver le coupable. D’une part parce qu’il connaissait Godfrey même s’il ne le portait pas dans son cœur. D’autre part pour protéger son amie Julia et son fils Justin qui se retrouvent en premières lignes des suspects.

Accompagné de Diesel, Charlie va mener son enquête au grand dam de Kanesha, qui est en charge officielle de l’enquête.

Un cosy mystery fort sympathique. J’ai tout de suite accroché aux personnages de Charlie et de Diesel. Il forme un bon duo. On a envie de faire leur connaissance. L’enquête est bien menée. J’ai hâte de lire les autres aventures de ces deux compères.

Sous le nom de plume Miranda James se cache en réalité un homme, Dean James. Ancien bibliothécaire, il se consacre depuis plusieurs années à l'écriture de romans qui ont fait sa renommée. Avec sa série « le chat du bibliothécaire », on découvre une autre facette du travail de bibliothécaire : celui d'enquêteur ;-) Bon tou(te)s les bibliothécaires ne sont pas des enquêteurs...foi de bibliothécaire :-)

vendredi 3 mars 2023

Le spleen du pop-corn qui voulait exploser de joie de Raphaëlle Giordano.

Le spleen du pop-corn qui voulait exploser de joie par Giordano 

Chez Plon, 2022

A 34 ans, Joy devrait être une jeune femme accomplie. Accomplie dans sa vie professionnelle et personnelle. Et ce n’est pourtant pas le cas. Elle travaille comme une acharnée dans une agence de celebrity marketing qui connecte des talents VIP avec de grandes marques, mais semble ne jamais réussir à accomplir quelque chose de bien dans son travail. Elle se met tellement de pression qu’elle finit par développer un toc digital : à chaque montée de stress, elle télécharge des applis supposées l’aider à gérer son emploi du temps de dingue. Mais ça ne fait que rajouter de la pression et du stress à son quotidien. Et la relation qu’elle entretient avec son patron n’arrange pas les choses. Le petit pop-corn, comme son père l'appelait petite, est au bord de l’implosion. Heureusement Benjamin va rentrer dans sa vie. Il va lui expliquer le principe de désapplication. Petit à petit, le sourire va revenir sur le visage de Joy.

Les romans de Raphaëlle Girodano ont un petit coté développement personnel. Et celui-ci n’y échappe pas. Le titre m’a tout de suite interpellé et quand j’ai lu la 4ème de couverture, je me suis dit qu’il était parfait pour moi en ce moment. Alors même si je ne me suis pas reconnue totalement dans le personnage de Joy car je ne subis pas sa pression (heureusement !) et je n’ai pas son toc digital même si ça ne me ferait pas de mal de me désappliquer, il y a des passages dans le roman qui font clairement écho à ma vie actuelle.

Et ce récit m’a fait du bien, tout comme Benjamin a fait du bien à Joy dans le roman !  

Je vous livre un passage qui m’a particulièrement « parlé ». C’est Benjamin qui s’adresse à Joy :

"Il y a deux types de choix : le choix guidé par la peur. La peur qui érige des freins, des résistances au changement. Souvent, elle truque ta vision de la situation, c’est la championne de la renégociation. Elle te fait croire que ce que tu as n’est déjà pas si mal, elle met un voile entre toi et tes aspirations profondes, parce que même si ta situation actuelle n’est pas idéale, tu la connais par cœur, donc elle semble plus rassurante, plus facile à gérer que l’inconnu …
[le choix guidé par la joie] ça fait chaud au cœur ! tu n’as plus peur. C’est comme un soleil qui se lève à l’intérieur. C’est une décision qui résonne juste au plus profond de toi. Prendre les choses par le bout du plaisir, […], des projets qui t’accrochent des ailes dans le dos … Quand la motivation est là, les obstacles tombent d’eux-mêmes ! "

 

samedi 25 février 2023

Un abri de fortune d'Agnès Ledig

 Chez Albin Michel - 2023

Je viens de terminer la lecture du dernier roman d’Agnès Ledig, "Un abri de fortune". Une lecture très plaisante. J’ai eu plaisir à retrouver les personnages d’Adrien et Capucine rencontrés dans "La toute petite reine".
Rassurez-vous, si vous n’avez pas lu ce roman d’Agnès Ledig, vous pouvez lire "Un abri de fortune" sans vous sentir perdus. Mais je vous conseille tout de même de lire les deux romans l’un derrière l’autre ;-)

Direction les Vosges où Capucine et Adrien ont retapé une vieille bâtisse. Ils l’ont transformée en havre de paix : potager, ruches, poules, et bientôt des chèvres. Comme ils veulent aider les autres, ils ouvrent leur gite aux âmes torturés qui ont besoin d’un retour à la nature, d'un refuge pour se retrouver, pour se recentrer sur eux-même.
C’est dans ce contexte que Rémy, Clémence et Karine atterrissent chez Adrien et Capucine. Ces trois êtres malmenés par la vie ne se connaissent pas, n’ont à priori rien en commun juste le fait de vouloir se reconstruire. Tous ensemble et avec l'aide d'Adrien et Capucine, ils vont apprendre que la vie peut être belle.

Un très beau roman avec de beaux personnages et de beaux paysages. On a envie d'aller découvrir les forêts vosgiennes.
On a plaisir à retrouver Capucine et Adrien mais aussi à faire la connaissance de Rémy, Clémence et Karine. Ils sont touchants dans leur histoire et à trois ils vont devenir plus forts. 
J'ai passé un très bon moment de lecture. 

mercredi 15 février 2023

La faucheuse de Neal Shusterman

Chez Robert Laffont - 3 tomes (parution en 2017 pour le tome 1)

"Les commandements du Faucheur : Tu tueras. Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation. Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue. Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté. MidAmérique, milieu du 3e millénaire"

A une époque qui se situe après l'Âge de la Mortalité, les hommes ne s'éteignent plus de façon naturelle car ils peuvent passer le "cap" et se rajeunir, ni de façon tragique car les maladies ont été éradiquées, et ils peuvent être ressuscités après des accidents. Il faut pourtant réguler la population. Pour ce faire les faucheurs sont là pour "glaner" des gens. C'est dans ce contexte qu'on fait la connaissance de Citra et Rowan. Les deux adolescents ont été choisis pour devenir les apprentis du faucheur Maitre Faraday. Tous les deux ont en horreur cette profession, mais ils vont rapidement comprendre l'importance du rôle du faucheur dans la société et aussi qu'il existe des façons humaines de glaner les gens.
La règle veut qu'un seul des deux deviendra un faucheur. L'autre retournera à sa vie ordinaire d'adolescent. Mais les règles vont changées et quand les deux adolescents comprennent que celui qui deviendra faucheur devra glaner l'autre, tout bascule. Citra et Rowan vont devoir s'affronter. Qui va devenir faucheur et devra glaner l'autre ? Vont-ils pouvoir survivre tous les deux ? L'intrigue du tome 1 est posée...

Au début de ma lecture, j'avais peur de tomber dans un récit glauque autour de la mort. Alors on va pas se mentir, la série s'intitulant "la faucheuse", la mort rode forcément dans le récit. Mais l'auteur dénonce aussi une société où le pouvoir peut vite monter à la tête. Quand on a vit et mort sur les gens, est-ce qu'on peut encore avoir de l'humanité ? Garder la tête froide ? Et on suit aussi de façon haletante l'histoire des deux adolescents.

Une trilogie dystopique prenante, qu'on a dû mal à lâcher. La série est en cours d'adaptation. Mon seul petit regret : le titre qui m'a quand même mis sur la piste du dénouement.

Pour adultes et ados à partir de 14 ans car certaines scènes de massacres peuvent choquer les plus sensibles.

 


dimanche 5 février 2023

La doublure de Mélissa da Costa

La doublure par Da Costa

Chez Albin Michel - 2022

Mélissa da Costa nous livre un roman bien différent de ses précédents.
Ce roman n'est pas mon préféré mais je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé non plus.

L'autrice nous entraîne à St Paul de Vence à la rencontre de Clara, artiste peintre du romantisme noir. La jeune femme commence à se faire un nom dans le milieu de l'Art mais elle déteste les modalités. Pierre, son mari, va lui trouver une doublure en la personne d'Evie. Pensant tenir le job de ses rêves en jouant cette comédie, Evie va peu à peu s'identifier un peu trop à Clara jusqu'à se perdre elle-même dans ce rôle. Le couple va jouer à un jeu dangereux avec elle. Un jeu dont personne ne va ressortir gagnant.

On est comme attiré par cette histoire, par ces personnages et on veut savoir jusqu'où la folie de chacun va les entraîner. On aime ces personnages autant qu'on les déteste. Je ne me suis attachée à aucun d'entre eux. J'en voulais à chacun de créer cette situation. A Pierre d'avoir entraîné la jeune Evie dans la folie de son couple. A Clara que le statut d'artiste ne peut pas tout pardonner. Et à Evie de ne pas réagir plus vite et surtout de penser naïvement qu'elle peut inverser la tendance. De cette folie ne peut ressortir qu'un drame.
On est quasi dans un huit clos car même si l'action ne se déroule pas que dans l'appartement, les personnages à eux trois forment un huit clos que personne ne peut comprendre et pénétrer.
L'autrice s'est beaucoup documentée sur la peinture du romantisme noir. En lisant le roman j'étais comme Evie, subjuguer par les tableaux au point d'arrêter ma.lecture pour regarder sur Internet à quoi ressemblait les tableaux dont elle parlait. Comme Evie j'ai eu une sorte de fascination pour ces tableaux. Ça ajoute un intérêt supplémentaire au récit.

Mélissa da Costa nous offre un drame psychologique à la limite du thriller. Un récit bien mené et toujours aussi bien écrit. Pas un coup de cœur, récit différent des autres romans de Mélissa da Costa que j'aime beaucoup, mais permet de découvrir cette autrice dans un autre registre.

mardi 10 janvier 2023

V13 d'Emmanuel Carrère

V13 par Carrère

Chez POL - 2022 

4ème de couverture :

« V13 : c’est le nom de code du procès des attentats terroristes qui, le vendredi 13 novembre 2015, ont causé 130 morts au Stade de France, sur des terrasses de l’est parisien, dans la salle de concert du Bataclan.

14 accusés, 1800 parties civiles, 350 avocats, un dossier haut de 53 mètres : ce procès hors norme a duré 9 mois, de sept 2021 à juin 2022

Expérience éprouvante, souvent bouleversante, fascinante même quand elle était ennuyeuse »

Dans ce roman, Emmanuel Carrère reprend les chroniques judiciaires qu'il a rédigé pour l'Obs pendant ce procès historique en les augmentant. 

Difficile de parler de ce récit. Difficile surtout de dire qu'on a aimé tant le sujet est éprouvant. Et pourtant Emmanuel Carrère a su retranscrire avec justesse le V13 : le procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

Il est tellement bouleversant de lire certains passages des témoignages des civils que je me doute de la difficulté d’entendre et de vivre ce procès pendant tous ces mois. Au-delà des témoignages poignants, on en apprend plus sur le déroulement des faits avant les attentats, sur leur préparation, sur les commanditaires. On comprend aussi les failles du système, notamment des autorités belges. 

Un roman dur, poignant, bouleversant mais d'une très grande justesse et d'une nécessité absolue.


mardi 3 janvier 2023

Les perce-neige s'éveillent sous les flocons de Sophie Jomain

Chez Charleston. 2022  

En cette fin d'année, j'ai lu le dernier roman de Sophie Jomain qui se déroule au moment de Noël : Les perce-neige s'éveillent sous les flocons.

Avec ce roman, je vais clore les récits sur Noël pour cette année, enfin il ne faut jamais dire jamais ... ;-)

C'est un roman tout en douceur et en tendresse que nous livre l'autrice. Et par le pur des hasards, il  se déroule dans ma région, entre la Savoie et la Haute-Savoie.

Liia est une femme et une maman courageuse. Elle mène de front la gestion du refuge Perce-Neige avec son père sur les hauteurs de Megève, et l'éducation de Tim, son petit garçon très spécial, son petit perce-neige comme elle l'appelle. Et sa vie est loin d'être un long fleuve tranquille. Les finances du refuge sont au plus bas. Elle doit trouver une solution rapidement pour renflouer les caisses au risque de déposer le bilan. Et avec son fils, ce n'est pas toujours simple non plus. Même s'il est le soleil de sa vie, Liia se fait beaucoup de soucis pour lui. 

Avant Noël, arrive au refuge deux personnages haut en couleur qui vont changer la vie de Liia et de Tim. Un Père Noël plus vrai que nature, sous les traits de Nicolas Claus. Et Barron Verrier, un client qui se dit dans un premier temps kiné, puis contrebassiste. Une chose est sûre est que cet homme bien mystérieux qui cache sa véritable identité n'est pas très à l'aise en montagne et il détonne dans cet environnement neigeux. Cela va donner des situations très cocasses dont on se régale en tant que lecteur.

Un roman frais comme la neige, et chaleureux comme un bon chocolat chaud. On voit arriver certaines choses, certes, mais ce n'est pas grave, car on est transporté dans ce refuge. 

On retrouve dans ce récit le personnage de Nicolas Claus qu'on a découvert dans "les tortues ne fêtent pas Noël sous la neige".  

Petit clin d’œil à l'autrice : Albertville ne se trouve pas en Haute-Savoie mais en Savoie :-) Un petit détail, qui a son importance quand on est une savoyarde comme moi :-) Mais cela n'enlève rien à la magie de l'histoire.